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dimanche 22 mars 2015

La violoniste

La vie en musique

Il ma été donné de rencontré beaucoup de mannequin, mais y en a une qui dégage beaucoup de sensualité sur les photos c’est bien Meriem. C'est une artiste depuis son enfance, c’est toute sa vie son violon. Lorsque j’ai rencontré l’artiste, elle m’a fait part d’un projet photo avec son instrument. Naturellement la nature, sa sensualité, et son instrument de musique se marient bien ensemble. Sur certain cliché Mariem attire le regard, ont sent bien que l'ont regarde l'artiste et sont instrument ne faire qu'un. 


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Dans les arbres




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dimanche 20 avril 2014

Intervieuw du mannequin Leila Ben Khalifa

Leila Ben Khalifa

Elle n’avait que 15 ans quand elle a commencé à défiler sur les podiums de Tunis en tant que jeune mannequin amateur. Ses parents ne l'ont pas empêchée de vivre pleinement sa passion pour la mode, mais ont tout fait pour lui garantir des études de décoration d'intérieur à la prestigieuse Académie des Beaux-Arts de Rome. Mais ce fut sans compter avec le destin qui lui a réservé un tout autre avenir. Grâce à un concours de circonstances, elle s'est trouvée propulsée sur le devant de la scène de la mode en Italie et est devenue en très peu de temps, mannequin professionnel de renommée internationale. Leila Ben Khalifa, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, est née sous une belle étoile car la chance l'a toujours accompagnée même dans les moments les plus difficiles, probablement parce qu'elle n'a jamais abandonné son âme d'enfant, toujours à l’affût du beau, de l’extraordinaire, du magnifique. 

A 22 ans, elle a participé à l'émission grand public « Il grande Fratello ». Son charme, sa beauté et son charisme lui ont valu la notoriété. Sa réussite éclatante, lui a ouvert les portes de toutes les télévisions, avec un contrat alléchant avec la firme Mediaset et plusieurs autres contrats publicitaires avec les marques les plus chics.


Intervieuw Leila Ben Khalifa

Leila Ben Khalifa

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Leila Ben Khalifa

Leila Ben Khalifa

Leila Ben Khalifa

Leila Ben Khalifa


Tu fais partie des rares Tunisiennes qui ont acquis une notoriété internationale dans un domaine très difficile qu’est la mode. Veux-tu nous parler de ton parcours ?
Leila Ben Khalifa : Mon parcours dans ce domaine a commencé par un concours de hasards et par un jeu médiatique. Quand j’étais étudiante à l’Académie des Beaux-Arts de Rome, comme toutes les jeunes filles, je fréquentais une salle de sport pour entretenir ma forme et pour mon plaisir personnel. C’est alors que les propriétaires de cette salle de sport ont tout fait pour me mettre en contact avec un jeune mannequin italien. Ce dernier m’a présentée à son agence et j’ai très vite commencé à faire d es castings et à travai lier dans la mode, d’abord qu’amatrice, parce que les études étaient ma priorité, et plus tard ensuite en tant que professionnelle. Pour ce qui est de la notoriété, je vis cela très sereinement. Je vis ma vie comme toutes les filles de mon âge, en pratiquant du sport avec un bon régime alimentaire pour entretenir ma ligne. Sur le plan social j’essaie d’être toujours proche de mes vrais amis d’enfance en m’efforçant de les voir le plus fréquemment possible. Mes amis comptent beaucoup pour moi, car l’univers de la mode est superficiel et les connaissances y sont parfois éphémères. Il est important voire impératif d’avoir des connaissances dans le milieu professionnel de la mode, mais il ne faut jamais oublier ses origines, ses vrais amis et la vraie vie.

Tu présentes /'univers de la mode comme un monde virtuel. Qu’est- ce qu’il a de particulier ?
Oui, c’est un monde superficiel dont les valeurs tournent autour de la beauté, l’apparence et le glamour. Je n’ai rien contre cela, car le glamour fait partie du quotidien des femmes qui peuvent même être des fashion addicts. Mais je pense qu’il est préférable d’avoir son propre style qui nous distingue et qui nous permet d’afficher notre véritable personnalité, même si cela n’est pas donné à tout le monde. Et c’est parce que cet univers est très fluctuant, où tout est éphémère qu’il est fondamental de garder toujours les pieds sur terre et de conserver ses repères, culturels, familiaux et amicaux.

Comment est née chez toi, cette passion pour le mannequinat. Etait-ce un rêve de petite fille ?
Depuis toute petite, je regardais les stars à la télévision à l’instar de Cindy Crawford dont j’étais amoureuse, Gianni Versace qui a lancé dans les années 90, les plus belles top-modèles au monde comme Linda Evangelista, Cindy Crawford, Naomi Campbell ...qui travaillent encore dans la mode même si elles ont quarante ans, car leur beauté et leur charisme sont uniques. Et comme toutes les filles, j’étais très passionnée par la mode et je suivais souvent les défilés. Mais je n’ai jamais pensé qu’un jour je ferais ce travail qui s’est présenté à moi par hasard. Même pour ma famille, mes études étaient la priorité de toutes les priorités.

Dans ton environnement familial, y avait-il quelqu’un qui t’a encouragée ou découragée à travailler dans la mode ?
Décourager je ne le pense pas. Mon entourage était plutôt porté sur les études qui devaient passer avant toutes autres activités. J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts d’esprit et qui connaissent bien l’Europe où ils ont résidé et étudié. J’ai tout fait donc pour réussir dans mes études, ce qui m’a permis de pratiquer plusieurs activités artistiques dont la danse, au sein d’un groupe avec lequel j’ai fait plusieurs tournées. Et c’est à l’âge de 15 ans que ma passion pour la mode s’est manifestée. D’ailleurs ma mère m’a toujours accompagnée lors des castings. Mais c’était toujours une activité récréative sans aucun plan de carrière ni pour moi, ni pour ma mère non plus.

Tu viens de dévoiler un côté méconnu de toi, à savoir la danse. Et si tu nous en parles davantage ?
La danse était ma première passion. J’ai commencé à faire de la danse classique que j’ai abandonnée par la suite pour faire du moderne et du contemporain. A l’âge de 18 ans, j’ai fait des tournées en Italie, en France, à Lisboime... C’est une pratique qui m’a aidée à m’exprimer différemment. Rien d’étonnant, car je suis un Verseau et le côté artistique est très développé en moi. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai opté pour des études à l’Académie des beaux-arts de Rome. A vrai dire, je pense que je suis une personne incapable de vivre en dehors de l’univers des arts et de la création qui constituent ma vocation première.

Certains affirment que c’est par ton charme que tu t’es imposée sur la scène de mode. Cela est-il vrai ?
La mode, n’est pas un concours de beauté. C’est plutôt une présence, du charisme, savoir poser...Le concours de beauté exige à la base, une beauté bien visible et même classique et personnellement, je n’ai pas une beauté classique. Le charme peut aider dans la réussite, mais ce n’est pas l’essentiel. Il faut beaucoup de persévérance et de présence.
D’ailleurs, le monde de la mode compte beaucoup de filles pas vraiment belles mais qui ont réussi à s’imposer et cartonner. De nos jours, la mode n’exige pas de la beauté, d’ailleurs on assiste à la montée spectaculaire de ce qu’on appelle la mode androgyne, ce qui donne à réfléchir sur les mécanismes profonds qui font évoluer ce secteur.

Est-ce que tu as trouvé des difficultés à t’imposer dans ce domaine et dans un pays où la concurrence est des plus rudes?
C'est sûr que j’ai trouvé des difficultés. Déjà, le monde arabe est très mal vu à travers les médias et ce depuis les attentats du 11 septembre 2001. Nous avons été dénigrés injustement, presque partout le monde. Et même si je me suis trouvée confrontée à la concurrence, j'ai petit à petit tenté de m'introduire, de m'intégrer et d'être tolérante envers ceux qui ont du mal à comprendre le monde arabe dans sa
complexité. Au début, j'ai eu certainement des difficultés et j'ai même été blessée, mais j'ai réussi à surmonter tout cela et je me suis imposée grâce à Dieu.

Qu’est-ce qui t’a poussée à t’établir en Italie, le marché de la mode, la recherche de la notoriété... ?
C'était pour finir mes études, d’ailleurs j'ai terminé mes études à l'Académie de Rome qui est très connue de par le monde. Mais le mannequinat a très vite pris de la place dès lors qu'il me permettait de gagner très bien ma vie. C'est ce qui m'a poussée à en faire mon premier métier.

Tu as donc délaissé ton premier objectif pour le mannequinat ?
Pas vraiment, car ce métier n'est pas durable. Arrivée à un certain âge je vais devoir arrêter le mannequinat pour un autre métier qui sera très probablement la décoration avec mes oncles qui sont dans l'architecture et la décoration.
Certains te classent comme étant la fille la plus sexy de l’Afrique du Nord.

Qu’en penses-tu ?
Je pense qu'être sexy n'est pas un rôle qui se joue. C'est plutôt une manière d'être. Si une femme est naturellement sexy, c'est sûrement un atout qui peut servir à son avantage. Mais si ce caractère est forcé, il n'apporte rien de positif. Je suis une femme et toute femme aimerait avoir un côté sexy. Si les autres s'accordent à me donner ce titre je ne peux qu'en être ravie.

Etre sexy facilite-t-il la réussite dans le domaine de la mode ?
En parlant maintenant j e ne pense pas que je suis sexy, car je suis tout simplement, moi-même. Si dans un shooting on me demandait d'être sexy, j'épouserais cette attitude. Mais je n’utilise jamais la manière sexy pour avoir du travail.

Que penses-tu de celles qui utilisent cet atout ?
En Italie il y a un proverbe qui dit : « Elles ont les jambes courtes » dans le sens que cette attitude ne permet pas d'aller loin. Dans la vie il faut avoir de vrais atouts et des compétences indéniables. Une femme doit être complète, à la hauteur des attentes des professionnels. D’ailleurs il y a beaucoup de compétition et jouer à la femme sexy ne mène nulle part.

Tu us participé à l’émission italienne grand public « Il Grande Fratello » au cours de laquelle tu as fait l’évènement à travers toute la presse italienne. Qu’en est-il au juste ?
C'était incroyable car tout cela s'est produit grâce à un concours de hasards comme c'était le cas pour la mode. A l'origine de cette aventure, les propriétaires de la salle de sport qui m'avaient présentée au jeune mannequin italien. Ce dernier avait aussi comme rêve de participer au casting de cette émission. Il m'a proposé de partager avec lui ce grand rêve qui était le sien en prenant part aux castings. J'ai accepté sa proposition et nous avons fait plusieurs castings avec plus de 40 mille participants. Et au terme des sélections, il a été malheureusement déclassé et j’en étais malade parce que c'était son idée à lui. Mais à mon grand étonnement, le jury m’a annoncé que j’étais sélectionnée pour plusieurs raisons dont le fiait d’être la première fille arabe musulmane à prendre part à cette émission qui pouvait contribuer à donner une image différente du monde arabe. Je rappelle que c’était en 2006. A cette époque nous étions très mal vus en Europe et nous avons souffert du racisme et de l’islamophobie. Présenter une Tunisie mie, arabe, musulmane, moderne, était une grande opportunité pour les producteurs de rémission. Pour moi, c’était une occasion en or pour me faire connaître. D’ailleurs, après ma participation, j’ai décroché un contrat de trois ans avec Mediaset, en tant que critique ou plus exactement «f opinionniste » dans plusieurs programmes. L’aventure de II grande Fratello m’a ouvert grandes les portes du monde de la mode où je suis devenue bien considérée comme mannequin et comme icône de l’audivisuel. Les marques m’appelaient pour être leur égérie et pour leur assurer leur campagne publicitaire, ce qui n’est pas donnée à tout le monde.

Certains disent que tu t’es bien amusée au cours de cette émission. Est-ce vrai ?
J’étais une fille de 22 ans, j’ai vécu intensément cette aventure et je me suis amusée tout au long de l’émission. Elle m’a permis de m’exprimer à 360 degrés. J’y ai même dansé la danse orientale, j’ai parlé du monde arabe de la tolérance, de nos traditions et coutumes à Mediaset, du combat de la femme arabe pour recouvrer tous ses droits en tant que citoyenne entière...J’ai donné l’image d’une jeune Tunisienne qui à la tête sur les épaules, consciente de son identité et qui cherche à vivre la vie pleinement. Je pense qu’à travers mon aventure médiatique, j’ai contribué à détruire ce préjugé réducteur dont j’ai souffert comme tous mes concitoyens à cette époque difficile, où l’arabe était, pour le moins qu’on puisse dire, diabolisé.

C’était pour toi une nouvelle vie ?
Oui et à plus d’un titre. Avoir 22 ans et être sollicitée par tout le monde y compris les plus grandes marques de la mode, est plus qu’une tentation qui peut faire perdre la tête au plus serein. Mais grâce à Dieu et grâce à mes parents qui m’ont accompagnée tout au long de cette aventure et plus particulièrement ma mère qui n’a pas cessé de me dire « Leila n’oublies jamais tes racines », j’ai réussi à maintenir le cap et rester sereine. Ma mère a toujours été présente à mes côtés en m’aidant pour ne pas perdre la tête et conserver les valeurs de la famille.

Pour le commun des mortels, être mannequin, c’est avoir son corps comme outil de travail. Qu’en pense s-tu ?
Etre mannequin pour moi, c’est être une actrice ou presque. C’est interpréter un rôle, exprimer des sensations. Le mannequinat, c’est l’interprétation de ce que tu portes, c’est être dans une autre peau, qui change constamment. C’est pourquoi d’ailleurs, beaucoup de belles filles qui répondent aux mensurations requises pour ce métier n’arrivent pas à devenir mannequin, car elles sont incapables d’interpréter une personnalité qui n’est pas la leur, jouer un rôle conforme aux exigences d’une marque, d’un styliste, d’un designer ou d’un photographe. C’est un métier difficile car en plus de cette vocation qu’il avoir, il faut être dans la rigueur, dans la droiture et mener une vie saine, faire du sport suivre des régimes alimentaires strictes : mener une vie d’athlète.

Défiler sur podiums avec tous les regards qui sont braqués sur ton corps, te procure-t-il de la jouissance ?
(Rires) Cela me donne de l’adrénaline. Avec toutes les lumières qui sont pointées vers nous, on ne voit personne en face de nous, mais on sent leur présence et les milliers de regards vers nous. Cela provoque une forte poussée d’adrénaline et me procure de la joie plutôt que de la jouissance, car on se sent important à ce moment-là. Avant le défilé on vit un moment de stress très fort mais une fois terminé, c’est la relaxation totale et le plaisir du travail bien accompli.

Et dans la vie ?
Dans la vie de tous les jours, j’aime bien être moi-même, avec mes qualités et beaucoup de défauts. Certes, une belle femme aime bien être regardée, mais des fois cela m’embête quand cela devient pesant. Car une belle femme le sait bien et n’aime pas qu’on le lui rappelle à chaque tournant de rue. J’aime être considérée pour d'autres choses, pour d’autres valeurs, pour d’autres qualités même si cela est sympathique au fond. J’aime être considérée autant pour ma personnalité que pour ma beauté.

Quels sont les défauts de Leila ?
Je pense que je suis très têtue. Quand je me mets un objectif dans la tête je ne renonce jamais sans l'avoir réalisé. J'ai aussi un côté sentimental très développé qui fait de moi un être sensible. Dans un moment donné de la vie ce n'est pas bien d'être très sensible parce que la vie est parfois dure, difficile. Etre sensible fait de toi un être qui absorbe tout et ça blesse parfois surtout quand ça vient des amis les plus proches.

Est-ce que tu as vécu une déception qui t’a marquée ?
Certainement. Je crois que c'est le cas de tout le monde. J'ai été blessée plus d'une fois voire plusieurs fois de la part de certains de mes amis, j'ai été déçue dans la vie pour des projets qui ne se sont pas réalisés, pour des sentiments, et c'est ce qui m'a rendue plus forte et impénétrable. Tout cela m'a forgée et heureusement que j'ai été déçue pour être la Leila d'aujourd'hui.
Est-ce que Leila possède maintenant une carapace qui la rend invulnérable ?
Maintenant j'ai une grande et épaisse carapace. Tout me glisse maintenant. Mais cela ne veut pas dire que je suis insensible. C'est probablement la maturité car j'ai commencé très tôt à l’âge de 15 ans.

En tant que femme tunisienne que penses-tu des idéologies fanatiques qui chosifient le corps de la femme?
Personnellement, je vis mon corps avec normalité, dans le sens que le mal est dans la tête de celui qui développe ce genre d’idéologie. On a été élevé et nous avons grandi en Tunisie conformément à nos traditions séculaires et dans un esprit de modernité. La Tunisie a toujours été ainsi et ce n’est pas maintenant que sa population va régresser. L’histoire ne fait pas de marche arrière et ces gens-là ne peuvent pas détruire des décennies d'évolutions et d’acquis engrangés par les femmes. Je pense que la femme tunisienne est la plus moderne, la plus évoluée et la mieux instruite de toutes les femmes du monde arabe et ce n’est pas là de l’autosatisfaction. Ma grand-mère est voilée mais elle n’est pas scandalisée quand elle voit une fille non voilée ou en maillot à la plage. C'est notre identité d’être comme cela, c'est notre Tunisianité.

Est-ce que tu te considères avec Afef Jenifene et Rym Saidi comme étant les ambassadrices de la femme tunisienne dans sa modernité et authenticité ?
Afef est la première à avoir porté le drapeau de la Tunisie à travers le momie à un très liant niv eau. J’espère être à la hauteur de cette responsabilité. Je crois que nous avons plusieurs femmes tunisiennes dans différents secteurs qui portent le nom de la Tunisie bien haut. Je suis ravie si j ’en fois partie

Quel est le secret de ta beauté. Est-ce tes yeux, la couleur de ta peau, ton charme... ?
Je pense que c'est un mélange un peu de tout. La Beauté uniquement ne suffit pas, il fout donc d’autres ingrédients. C’est le cocktail tunisien. J’espère que les filles prennent en compte les autres côtés de Leila, la fille qui a étudié, qui n’a pas perdu ses repères.. .La beauté est éphémère et au final nous allons tous vieillir. Donc il ne fout pas se focaliser sur la beauté en tant qu'unique atout. Des filles sont même devenues anorexiques, rien que pour garder la ligne. Nous ne voulons pas de filles malades, nous voulons que nos filles soient belles, mais saines. Mon conseil aux filles c’est de faire du sport, de bien manger et de vivre pleinement leur enfonce car rien ne presse.

En très peu de temps tu as conquis le cœur des italiens et de lettrs médias; ce qui n*est pasjacile. Quel est ton secret ?
Je ne réalisais pas en fait ce que je faisais. J'étais moi-même tout simplement. Ils ont apprécié la vraie Leila, ce qui m’a fait beaucoup plaisir. Je n'en croyais pas mes yeux, car ça a été très rapide. J’étais partout présente, notamment à travers tous les programmes. Ma semaine était très chargée, pour une fille de 22 ans c'est extraordinaire. Je remercie l’Italie qui m’a accueillie, m’a donné beaucoup d'amour et beaucoup de chance et je la considère comme ma deuxième maison. Je me sens aussi bien en Timisie comme en Italie et je suis aussi à l’aise en parlant l’arabe que l’italien.

Quel est le styliste avec lequel tu rêves de travailler ?
Il faut dire que j’ai travaillé avec plusieurs stylistes. Je suis engagée depuis 2008 avec la marque italo-angiaise John Richmond, j’assure leur campagne publicitaire, je suis leur visage pour les lunettes, leur parfum... Travailler avec eux c'est valorisant mais cela m’a empêchée de travailler avec d’autres. Mais mie fois ce contrat d’exclusivité terminé je pourrais travailler avec d’autres à l'instar de mon ami Zouheir Mounir qui fait de très belles créations à la fois sensuelles et modernes, Elfe Saab et bien évidemment les Italiens à l’instar d'Armani, Valentino même si ce n’est plus lui qui dessine les créations.

Quelles sont les couleurs préférées de Leila ?
J’aime le vert émeraude, qui porté par une brime donne beaucoup d’élégance. J'aime le blanc en été sur une peau bronzée, j'aime le rouge qui est sensuel et le noir qui est classique et que je porte assez souvent. Je n’aime pas le gris et le marron qui ne sont pas très nets. Avec moi, c’est soit le blanc soit le noir.

Leila et l'amour ?
Moi je suis toujours en état d'amour. L’amour de la vie, l’amour de ce que je fais, de nouvelles villes que je n'ai jamais visitées, de nouvelles cultures à découvrir, de ma famille, de mes petits enfants ceux de mon frère Oui l'amour existe bel et bien dans ma vie, même l’amour avec grand A , mais celui-là je préfère ne pas en parler.

Quel est le profil d'homme de Leila ?
Un homme qui me respecte et qui n’essaie pas de me limiter. Il y a des hommes qui deviennent très jaloux de ce qu'on fait comme métier. C’est un homme intelligent que je respecte aussi.

Est-ce que le coeur de Leila est déjà pris ?
Presque ! Je suis en phase d'évolution





dimanche 2 mars 2014

Mariem Ben Chaabane

Mariem Ben Chaabane



Mariem Ben Chaâbane, est incontestablement l'actrice qui a conquis tous les spectateurs pendant le Mois de Ramadan 2012 défiant ainsi toutes les prévisions des professionnels de la télé qui ont misé gros sur d'autres acteurs et actrices devenus au fil du temps de véritables icônes de notre petite lucarne. La réussite spectaculaire et peut être même inattendue de Mariem réside sans doute mais pas uniquement , dans son professionnalisme car elle a dans son bagage de quoi faire taire plus d'un envieux et séduire plus d'un producteur chevronné à l'instar de Sami Fehri qui l'a recrutée en lui confiant en plus de l'interprétation, la mission combien même délicate de coaching et de co-écriture.
Elle réside aussi dans son caractère de battante, de téméraire, d'engagée et de féline qui n'a peur de rien et de personne dans son carré de boxeuse attitrée qui pour défendre son moral et son intégrité physique est capable du pire crochet, digne des grands maîtres en la matière. Mais Mariem est une femme pleine de tendresse et d'amour de la vie. Elle est capable de vous écouter sans pour autant vous interrompre ou vous juger.

Le respect des différences et des libertés étant son crédo. Pour elle, l'enfer n'est pas toujours l'autre comme on a souvent tendance à le croire mais soi-même quand on oublie que l'autre c'est le prolongement de nous memes. Pour ceux qui ne la connaissent pas et qui n'ont pas pris la peine d'aller vers elle, Mariem est difficile à vivre, voire fo- folle. Mais pour les plus chanceux, ceux qui ont eu la chance de la connaître, elle est un tendre cœur qui vibre quand les autres sont heureux et qui s'attriste face à l'injustice et au malheur d'autrui. Si elle nous a fascinés au cours de ce Ramadan par son interprétation extraordinaire du personnage de Chakra dans Mektoub 3, elle nous réserve plein de bonnes et agréables surprises, car elle tient à sa réussite comme elle tient au challenge de porter encore plus haut la qualité de nos fictions.





Mariem Ben Chaabane

Mariem Ben Chaabane

Mariem Ben Chaabane

Mariem Ben Chaabane





Intervieuw : Vous avez acquis les téléspectateurs et les internautes qui vous ont élue en tête de notre sondage spécial stars de Ramadan. Parlez-nous de votre enfance et de votre prime jeunesse ?
Mariam Ben Chaâbane : Le souvenir le plus lointain que j'ai c'est que je suis née à la maternité de Wassila Bourguiba alors que le service était pratiquement fermé. On a recommandé à ma mère d'attendre le retour du staff pour me débarrasser du placenta sauf qu'elle n'a pas suivi leur recommandation malgré le fait qu'elle venait d'accoucher. Elle s'est débrouillée pour trouver de l'eau et elle m'a lavée en faisant preuve d'une grande combattivité et de courage. Pourtant elle venait de faire son premier pas dans ce noble voyage de la maternité. 
J'ai vécu ensuite une enfance heureuse à Franceville qui était mon quartier général, comme je l'ai annoncé dans une des séquences de « Casting », un extrait d'une pièce de théâtre que je compte créer et où je raconte mon enfance dans ce quartier. D'ailleurs, c'est de Franceville que je suis partie à la ville de France, à savoir Paris, capitale de la France et des arts. 

J'ai toujours été interrogative, mais chérie par des parents affectueux et généreux qui m'ont inculqué les ba ba de la vie. Toutefois je tiens à dire que j'ai toujours été inquisitrice, par rapport à la société notamment en ce qui concerne le système d'enseignement. Je me souviens quand j'étais à l'école maternelle, je bouffais les ballons et je faisais le pitre en me donnant en spectacle devant tout le monde. On m'ordonnait de me calmer et d'arrêter de faire l'intéressante et d'être turbulente. Ce qui me choquait en tant qu'enfant, c'était le fait qu'on me reprochait cela alors que c'était pour moi rien qu'une forme d'expression tout à fait innocente. Notre système d'enseignement ne considère pas le petit écolier comme un être qui apprend à s'exprimer, qui est souvent maladroit et qu'il faut lui montrer la voie avec des méthodes pédagogiques adaptées plutôt que d'utiliser la violence, quelle que soit sa forme. Je crois que c'est pour ça que j'ai atterri dans ce métier

Est-ce que nous pouvons déduire que cela vous a marquée?
Enormément. J'ai subi beaucoup de chocs et souffert de plusieurs aberrations de ce système notamment en ce qui concerne le profil littéraire de Mariem Ben Chaâbane qui adore la langue arabe. J'ai découvert en sixième année que je maitrisais cette langue mais hélas on ne m'a jamais passionnée parce qu'on s'exprime pas correctement et qu'il y a toujours des tabous et quand vous ne trouvez pas le mot qu'il faut, on se moque de vous, même les professeurs. On regarde l'enfant ou l'adolescent mais jamais ce qui se passe en lui ou ce qui produit cette turbulence et cette manière d'être. Bref, ce qui a marqué mon enfance, c'est l'incompréhension dans le cadre social. D'ailleurs, je remercie Dieu qui m'a donné des parents compréhensifs car je rentrais à la maison en courant avec plein de questions et quand on me disait non je demandais toujours pourquoi et on me répondait toujours. Mais je défendais ce en quoi je croyais en avançant des arguments et généralement, étant grande gueule, j'avais toujours le dernier mot.

Vous ne parlez pas de frère ni de sœur. Est-ce que vous êtes fille unique ?
Non pas du tout. J'ai un grand frère qui m'est très cher d'ailleurs et qui vit actuellement en France. Si on parle de ce qui a marqué mon enfance c'est aussi le fait que j'ai été le punching ball de mon frère. Il adorait me mettre des maillots de catch et m'apprendre à me défendre et à donner des coups. Ce n'était pas toujours agréable mais c'était rigolo. Je pense que mon frère est aussi mon modèle, j'ai beaucoup pris de lui, ce qui explique aussi mon côté garçon. Car étant jeune on a tendance à imiter le grand frère ou la grande sœur et ce n'est qu'après qu'on prend du recul, qu'on s'affirme en tant que femme et chacun s'exprime en partant de sa personnalité singulière. 

Pendant votre jeunesse, quel était votre rapport à la culture ?La culture est plurielle. Ma première curiosité fut la culture sportive. J'ai fait beaucoup de sport, depuis l'âge de cinq ans, notamment du tennis, de la natation, de la danse, du karaté et plus tard de la boxe; plus vieille, la Salsa... C'est le sport qui vous donne une certaine largesse d'esprit, de l'endurance et une certaine philosophie de la vie. Après le sport c'est les langues. Je suis passionnée de langues et d'ailleurs je suis qua-drilingue (j'ai perdu un peu mon italien) mais je maitrise plusieurs dialectes. J'ai toujours eu une curiosité vers les autres cultures. Depuis toute petite, ma maman me faisait écouter la grande cantatrice Om Koulthoum, le Blues avec Ray Charles etc...et mon père me faisait partager les comiques : Ismail Yacine, Choukoukou, Bourvil et Louis de Funès«.
A 7 ans j'ai assisté à la projection du film « Cyrano de Bergerac » avec Gérard Depardieu. Depuis toute petite j'étais éveillée et passionnée par ces gens et par leur manière de vivre et de s'exprimer d'une manière spectaculaire. Cette vie-là m'impressionnait et c'est en elle que je me retrouvais en comparaison à une société où l'expression était très très limitée, du moins par rapport au monde dans lequel je baignais. Quand j'ai grandi je disais que c'était une calamité que d’être trop consciente, de la vie, de soi…. parce que l'on souffre pour pouvoir s'imposer ou ne serait-ce que pour exercer le plus infime droit de s'interroger et de pouvoir vivre des expériences. Oui la culture pour moi se résume à la curiosité et l'ouverture vers l'autre, et l'autre ça peut être tout et n'importe quoi, un autre pays, une autre langue, d'autres activités, un autre plat, une autre cuisine, une autre tenue vestimentaire. J'ai toujours été curieuse de découvrir tout ce qui était différent de moi et de ce que j'ai déjà vu.

Vous avez suivi des études à la Sorbonne à Paris. Dans quelle discipline ?
Dans les arts du spectacle avec une spécialisation en théâtre. J'ai aussi fait des études de langues en consécration d'un don développé depuis mon jeune âge. D'ailleurs mes parents m'ont toujours dit qu'ils me voyaient plutôt interprète ou dans les métiers liés au commerce international. Mais moi ce qui m'a toujours attirée et intéressée c'est incontestablement le théâtre. J'ai fait les cursus de langues dans les moments où j'avais du temps perdu car il m'est arrivé d'enchaîner trois à quatre boulots à savoir la serveuse, la professeur de danse, la baby sitteuse ..

Comment vous avez donc vécu votre période parisienne et quelle a été son influence sur votre manière de voir le monde ?
Il y a eu des phases, je dirais. Vous savez, quand on part avec le rêve et l'élan de la jeunesse et de l'adolescence, on bouscule tous les obstacles par détermination et souvent, on est loin d'être conscient de la réalité des choses et de la vraie vie. Et moi, quand je suis partie à Paris, le pays de Molière et des lumières j'avais la naïveté et la fraîcheur d'un enfant tunisien. A 18 ans, un jeune occidental se pose plein de questions et il est déjà impliqué dans la société civile et dans la vie politique ou culturelle, ce qui n'est pas le cas d'un jeune Tunisien. Quand je suis arrivée à Paris, j'ai trouvé une autre réalité que celle véhiculée par la télévision. Et autre que celle que je pouvais imaginer à savoir, le fait que je suis étrangère, étrangère et arabe, le fait que je ne m'estime pas uniquement arabe mais plutôt plurielle. D'ailleurs je suis profondément marquée par « Les identités meurtrières » d'Amin Maalouf. 
J'ai découvert la pluralité et la diversité en France alors que j'ai souffert quand j'étais jeune du regard inquisiteur des autres qui n'acceptaient même pas ma façon de me vêtir différemment surtout que j'étais un peu fofolle. Mais dans cette grande diversité, j'ai constaté l'existence d'un système communautaire et donc de la ségrégation. Et moi je n'arrivais pas à trouver ma communauté en France et je ne savais pas à qui je pouvais m’identifier alors que je jalousais ma communauté arabo-musulmane. J'ai donc vécu ce dilemme. Je suis partie avec plein de rêves et 400 euros par mois, je me suis retrouvée très vite dans un système de survie : se nourrir, réussir ses études et surtout rendre compte à l'Etat des avancements des études pour pouvoir renouveler la bourse pour l'année d'après ainsi que la carte de séjour. J'ai très mal vécue cela par ce que j'ai vécu dans un milieu plutôt confortable avec trop de regards et en France j'étais complètement dans l'anonymat. On n'est personne et on peut passer inaperçue quoi que l'on fasse. C'est une très grande solitude, le petit point dans le vide. La France m'a forgé un caractère et au début ça été très dur, j'ai même eu des problèmes notamment de boulimie, mais après je me suis fait des muscles et j'ai appris à remettre beaucoup de choses en question et à ne pas prendre tout de fait, notamment ma religion dont je me suis écartée et j'y suis revenue avec beaucoup plus de conviction. J'ai appris à réfléchir indépendamment de toute pression et de tout héritage. J'ai appris à me forger un caractère et à prendre le risque de souffrir pour chercher la vérité, parfois aux dépens de mon moral, de ma santé mentale et physique..mais le parcours valait le coup car je pense que c'est ma vocation aujourd'hui, à travers le métier que je fais, de transmettre cette quête.

Et la boxe dans tout ça ?
Quand on fait du théâtre, on fait beaucoup d'effort et les bases des exercices de théâtre viennent des arts martiaux. Ceci m'a donné l'envie de découvrir spécifiquement des sports de combat et après, il y a eu l'envie de pouvoir se défendre en cas de besoin, surtout qu'il m'est arrivé en tant que jeune, vivant seule à Paris, de me faire agresser, on a voulu une fois notamment m'arracher les clés de mon appartement. Je me rappelle que j'étais dans la banlieue parisienne et qu'il y avait de la neige et que je me suis mise à courir et à pleurer à gros sanglots dans le métro et que tout le monde me regardait. J'étais en fait toute seule. C'est alors que j'ai décidé de prendre des cours de boxe pour me sentir rassurée. 
Ce qui m'a conduite à la boxe, c'est une peur, une envie de me défendre et être prête à attaquer quand il le faut, mais la boxe m'a donné la patience, l'endurance et la sérénité.

Vous avez été révélée à travers la série « Casting » dans le rôle de Dorra Mnawer. Comment, et grâce à qui ou à quoi, vous vous êtes introduite dans l’univers de la télé ?
C'est une très longue histoire. Je disais que j'ai passé 10 ans à Paris. Au début c'était une affaire de survie dans un milieu étranger. En 2007 j'ai eu ma licence. J'aurais pu continuer la recherche surtout que j'avais la passion pour cela. Mais c'était l'envie de devenir comédienne et scénariste qui était à l'origine de mon départ pour la France. Et vous savez pertinemment que notre métier ne pardonne pas en termes d'âge. J'étais donc face à un dilemme et je devais trancher et faire un choix et m'introduire dans le cercle des professionnels surtout que l'horloge tourne et ne s'arrête jamais. Mais sur un autre plan je ne voulais pas accepter n'importe quoi en Tunisie chose que j'aurais pu faire depuis longtemps. Mon objectif étant la qualité. C'est alors que j'ai commencé à faire des allers-retours entre Paris et Tunis. J'ai commencé par frapper à la porte de Ridha Béhi qui m'a fait des photos et puis Fadhel Jaibi qui m'a aidée dans mes recherches, surtout que son œuvre en était le sujet. Mais durant deux années d'allers- retours je n'ai pas récolté beaucoup de choses si ce n'est deux pubs et un court métrage qui ne me ressemblait pas beaucoup. Mais ce parcours m'a permis d'apprendre comment chercher et j'en suis arrivée au fait qu'il fallait rencontrer des assistants réalisateurs, chose qui m'a conduite à Mohamed Ali Mihoub connu pour son sérieux. Le jour où je devais rencontrer cet assistant réalisateur, le sort a voulu que je rencontre Sami Fehri qui m'a posé plein de questions sur mon cursus alors qu'il était en tournage de Mektoub. Il m'a fait un casting en direct d'une scène de Mektoub 2. C'est une belle histoire digne d'un film car après le tournage de ce casting les personnes sur le plateau ont vivement applaudi la prestation. C'était émouvant. Il m'a déclaré qu'il était pour la première fois agréablement surpris par un passager en me proposant un contrat pour l'année d'après pour ne pas gâcher a-t- il dit mon talent dans un petit rôle. A ce moment-là, nous avons même parlé d'écriture de scénario et de coatching d'acteurs.

Quel souvenir gardez-vous de ce travail ?Beaucoup de fatigue. Pour ce qui est du personnage, c'est la rencontre avec Sami Fehri qui a donné naissance à Dorra Mnawer qui n'est pas moi. Elle est beaucoup plus vulnérable sur certains plans, mais c'est une battante quand même. Mais je crois que c'est le fait que je sois une grande gueule et une combattante, qui a poussé Sami Fehri à me confier ce personnage qui me ressemble, par contre, dans son rapport à la société et au théâtre. Ce que j'en garde, c'est l'expérience de collaborer avec une équipe surtout quand on arrive d'un milieu différent, car il m'est arrivé d'entendre dire « le professionnalisme, il faut le laisser à Paris », d'autant plus que Sami m'a confié l'énorme responsabilité du coaching, ce qui était pour moi une énorme tâche car je suis très rigoureuse dans le travail et exigeante avec moi-même et avec les autres. 
Mais j'ai appris qu'au-del à des compétences, il faut avoir un savoir vivre et une forme d'humilité et de tolérance même face à la connerie et je crois que j'ai toléré beaucoup de conneries.

Vous avez campé par la suite le rôle de Chakra dans Maktoub 3. Que représente pour vous cette expérience ?
Sincèrement, je ne pense pas qu'il s'agit d'une expérience plus importante bien que Casting représente l'expérience de ma vie, le grand plongeon en Tunisie et le premier travail qui m'a révélée. Le rôle de Dorra Mnawer était conséquent mais je n'avais pas fait le travail médiatique nécessaire à sa promotion car ma priorité était d'assimiler toute l'expérience humaine autour du plateau avant de faire l'aventure des médias surtout que je ne me sentais pas assez mûre et musclée pour faire des révélations médiatiques. Je suis beaucoup plus mûre et musclée et plus sage aussi aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est la confirmation de la première impression de casting et c'est du coup un challenge de réussir le rôle de Chakra et de ne pas décevoir les gens.

Et maintenant comment vous évaluez Maktoub 3 ?Pour moi qu'il s'agit de Casting ou de Maktoub 3, il s'agit d'un walking progress. Mais je considère Maktoub 3 est comme une production révolutionnaire car on n'était pas dans la grande fable et le coup du théâtre mais dans un drame du quotidien. Un walking progess parce que je pense à une nouvelle phase dans la fiction télévisuelle tunisienne où l'on commence à comprendre qu'il y a drame, qualité, professionnalisme et business, et qui dit business dit packaging et qui dit packaging dit consommateur. Mais l'équation entre le packaging en termes d'esthétique et en terme de business ne font pas toujours bon ménage ...parce qu'on n'a pas toujours notamment les moyens humains nécessaires d'où la nécessité de trouver d'autres alternatives. D'où la nécessité d’un coach dont je me suis chargée à travers la formation notamment du personnage de Hamma Hamma qui a été ma plus grande expérience jusque-là.

Certains reprochent à Maktoub de vouloir briser certains tabous en prêchant par excès à l’instar de la scène d’ablutions de la petite et qui a choqué plus d’un. Qu’en pensez-vous ?
C’est un débat très intéressant. J'y ai répondu sur ma page officielle d’ailleurs mais pas beaucoup. Comme je l’avais dit je compose beaucoup avec Sami et j’étais farouchement pour cette idée de funérailles. A la base, notre propos est le pauvre et le riche, le vulnérable et le puissant et la place du vulnérable par rapport au puissant dans le contexte inhérent. Je devais rendre la parole à ceux qui en été privés. La question qui était posée était de savoir comment procéder et par quel moyen. On sait que ces gens là on existé en Tunisie et qu’ils existeront encore si on n’en parle pas et on ne les défend pas et je ne sais pas si je les ai assez défendus. Nous avons évoqué plusieurs tabous, l’injustice, la stérilité, et puis le destin avec l’absurdité de la mort. Mais à travers cette démarche Maktoub ne donne pas à voir les malheurs ou la mort mais donne à réfléchir sur les malheurs de toutes ces personnes qui n’ont pas droit à la parole. C’est aussi une démarche pédagogique sur la mémoire et sur le rituel tunisien car tout semble s’effriter à travers le temps, sans pour autant tomber dans le folklore et le voyeurisme. Donc choc oui, mais un choc de réanimation, une invitation à la réflexion dans le plaisir de la fiction.

Mais l’art n’est pas de reproduire la réalité !
Pas du tout. On va dire que l’art essaie de capter des moments suspendus de la réalité la plus brute et la plus parfaite dans cette vulgarité

Qu’est ce qui vous motive pour faire ce métier : la notoriété ou autres choses ?
Rendre l’expression et l’échange libres et réfléchis possibles, car en Tunisie aujourd’hui on est dans un stade où la simple expression est parfois impossible. Qu’il y ait dictature ou pas, il y a un travail profond à faire notamment sur le plan des mentalités...

Est-ce que le métier d’acteur est facile ou plus difficile aujourd’hui qu’avant ?

C’est l’un des métiers les plus difficiles au monde. On ne peut pas être acteur si on n’est pas généreux, si on n’est pas curieux, si on n’est pas très humain, si on n’as pas de défi ou d’insatisfaction, si on n’a pas de bagages de vie...

Quelle est votre réaction par rapport à ceux qui cherchent à empêcher les artistes de s’exprimer librement ?
Je n’admets pas aujourd’hui, en tant que citoyenne tunisienne que quoi que ce soit m’empêche de m’exprimer comme je le ressens sachant que j’ai passé dix ans à apprendre comment le faire artistiquement. Qu’il y ait des idées contraires c’est le but car c’est cela qui va faire avancer les choses et nourrir la réflexion et le débat sans pour autant tomber dans l’intolérance et le refus de l’autre.

En tant que femme êtes-vous confiante quant à l’avenir de la Tunisie d’après la révolution ?
C’est très délicat. En tout cas j’ai confiance en la femme tunisienne sans pour autant tomber dans les discours clichés. C’est un long parcours que de se forger un itinéraire et une personnalité et ce n’est pas quelque chose qu’on peut prendre à la légère. Je suis consciente que si un jour la femme tunisienne est menacée, elle sera la première à se défendre et à être la guerrière. Et comme je ne condamne personne, je refuse d’être condamnée pour mes idées ni pour mes choix dans la vie à partir du moment où mon expression dans le paysage public n’est pas utilisée à mauvais escient même si cela reste toujours relatif car on peut tout détourner. Il est impératif de recourir au dialogue car la violence engendre toujours le chaos.

Tout le monde s’accorde à dire que vous êtes la star de Ramadan. Comment vivez-vous cela ?
Comme une responsabilité et que je n’ai pas le droit à l’erreur. J’espère continuer dans le bon sens et donner le meilleur de moi-même. Mais dans le fond je sais qu’il ne s’agit que d'une étape et que j’ai encore du pain sur la planche...

Etre belle et célèbre, est-ce facile à porter ?
Cette question à propos de la beauté m’intimide un peu. Je remercie Dieu de m’avoir créée en bonne santé et relativement agréable, mais je n’ai jamais aimé la célébrité parce que je tiens farouchement à ma vie privée et à ma liberté dans un contexte social qui ne favorise pas la liberté. Mais elle reste malgré tout la rançon de la gloire et le baromètre de la réussite. La célébrité, je la vis donc comme elle vient, espérant qu’elle ne me dérangera pas trop.

Mariem et l’amour ?
C’est mon moteur, ma raison d’être

Mariem et la déception ?
( Silence)...Ma seconde nature ?

Mariem et la souffrance ?
C’est le quotidien

Mariem et l’avenir ?
J’espère faire des choses dans le théâtre pas nécessairement grandes. Je pense être une femme de théâtre, j’ai fait tout ce parcours pour pouvoir donner naissance à des créations que je ne pourrais pas faire toute seule. J’espère donc croiser les bons partenaires et faire de bonnes rencontres.